- Journée type des exhibés:
Le matin ils sont entre les mains de scientifique en tout genre,
anthropologue, anatomiste, ethnologue, zoologiste, ethologue ect... qui
trouvent là "un gisement innédit de spécimens à étudié”.
L’après-midi, ils sont livrés à la moquerie et au voyeurisme du public de l’exposition.
Le soir, ils sont en représentation sur les scènes du casino de Paris ou des Folies bérgères.
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- À partir du milieu du XIXe siècle, c'est entre girafes,
autruches, éléphants, crocodiles, singes et autres " merveilles " de la
nature réinventée que les visiteurs vont découvrir en Europe et en
Amérique des " hommes aux moeurs bizarres et aux rites quelque peu
effrayants".
Les " zoos humains " viennent de naître.
Le mythe du sauvage devient alors une réalité.
Il est présent, devant les yeux des occidentaux, et va le rester près d'un siècle.
Premier phénomène de masse du XIXe siècle avec les expositions
universelles et leurs millions de visiteurs, les exhibitions humaines
répondent aux fantasmes et inquiétudes de l'Occident sur l'ailleurs et
donnent une réalité au discours racial alors en construction.
Si le fait colonial - premier contact de masse entre l'Europe et le
reste du monde induit encore aujourd'hui une vision et une relation
complexe entre l'occident et les autres - ces exhibitions en sont le
fondement car composante essentielle du premier contact, ici, entre
l'occidental et l'autre.
Un autre importé, exhibé, mesuré, montré, disséqué, spectularisé,
scénographié, selon les attentes d'un Occident en quête de certitudes
et de légitimité sur son rôle de "guide du monde", de "civilisation
sipèrieure".
Aussi naturellement que le droit de " coloniser ", ce droit "
d'exhiber " des " exotiques " dans des zoos, des cirques, des foires ou
des villages se généralise de Hambourg à Paris, de Chicago à
Londres, de Milan à Varsovie... “Oui, le sauvage existe! je l'ai
vu...“ Il convient maintenant de " l'apprivoiser " avant de le "
civiliser ".
Ces spectacles zoologiques, anthropologiques, ethnologiques ou
exotiques apparaissent comme l'une des démonstrations de masse des plus
violentes et des plus révoltantes de l'infériorisation et de la
sous-humanisation de l'autre parce qu'elle le rapproche volontairement
de l'animal.
Extrait de:
Zoo humains - Au temps des exhibitions humaines.
N.Blancel - P.Blanchard - G.Boetsh - E.Deroo - S. Lemaire.
[Editions La Découverte]